Cartoucherie

LA CARTOUCHERIE

Au coeur du Bois de Vincennes, la Cartoucherie est un rucher de théâtre et de danse qui respire, vibre et palpite au rythme de l’écoute sensible du monde. Hier fabrique de munitions, aujourd’hui poudrière de créations, la Cartoucherie rassemble autour d’un même esprit solidaire différentes démarches esthétiques portées par des aventures humaines singulières.

Le Théâtre du Soleil s’y est installé en août 1970, rejoint par les théâtres de la Tempête, de l’Aquarium, de l’Epée de Bois et du Chaudron. Depuis 1989, la Cartoucherie abrite également ARTA, l’Association de recherche des traditions de l’acteur, et, depuis 1999, l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson. Au fil des années, la Cartoucherie a bâti son histoire, une architecture éphémère et fragile qui, dans le paysage artistique international passe aujourd’hui pour un lieu-phare, grâce au soutien indéfectible de générations de spectateurs. Tout est fait pour que chacun puisse se dire qu’en cet endroit des femmes et des hommes travaillent en son absence à préparer sa possible venue : dans ces anciens hangars, sur cet îlot entouré d’arbres, ils veillent à entretenir cette lueur, que le public enflammera peut-être, si pour le spectacle il se sent convié à embarquer lui-aussi, tel un passager monté à bord d’un navire qui aurait fait escale, pour rejoindre l’expédition poétique en cours.

Le travail se poursuit ainsi, dans un esprit artisanal et collectif. Il s’agit de raconter, danser, jouer le monde, pour le changer. Prendre le temps d’ouvrir les saveurs, d’attiser les sens pour appréhender autrement les choses, dans leur tremblement. Rire, s’étonner, frissonner, fulminer, sonder les rêves, oser les visions.

Dans l’enceinte de la Cartoucherie, les lieux peuvent à tout moment être transformés, reconstruits, pour ouvrir de nouveaux espaces imaginaires, raconter des histoires pour éclairer les contradictions du présent.

La Cartoucherie, c’est aussi un abri. Autour des théâtres, des roulottes hébergent des amis, des femmes et hommes de passage, de régions du monde parfois meurtries. Leurs présences appellent à rester éveillés, à porter attention au monde.

Jean-François Dusigne, co-directeur artistique d’ARTA, professeur à l’Université Paris