Thomas Hauert

Masterclass · Thomas Hauert

Lundi 21 au vendredi 25 mars 2022

11h -17h

Tarif organisme : 750 euros
Tarif individuel : 260 euros

Pour candidater et pour toute information sur les possibilités de financement : envoyez votre dossier (CV, lettre de motivation, portrait et photo de plain-pied) à masterclasses@atelierdeparis.org.

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Résumé

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Des corps en mouvement qui se connectent à distance

Déployant un réseau complexe de mouvements reliés dans le temps et l’espace, les structures chorégraphiques développées par Thomas Hauert et sa compagnie ZOO pourraient être considérées comme un prolongement de la tradition de la danse abstraite. Pourtant, son « écriture », très polyphonique, se révèle sur scène entièrement par l’improvisation. Elle vise à faire émerger l’ordre du désordre, la forme de l’informe, le groupe de l’individu, tout en exploitant l’exceptionnelle qualité de perception, d’attention et de concentration que permet et exige l’improvisation.

Dans cet atelier, les participant·e·s s’exerceront à créer des chorégraphies instantanées qui peuvent être considérées comme un microcosme dans lequel les individus négocient constamment entre leur liberté créative et leur désir de se connecter aux autres. Jouant avec les concepts de libre arbitre et de responsabilité, elle semble refléter les négociations, conflits, tensions et résolutions à l’oeuvre dans ces systèmes sociaux. À l’intérieur de chacune de ces improvisations, on trouve l’indétermination, la justification rétrospective, l’expérimentation du bricoleur, la vision limitée, les opportunités découvertes trop tard, la tentation de suivre des chemins familiers et un avenir ouvert – en un sens, les forces par lesquelles nous sommes confrontés à notre condition humaine. L’imperfection devient la signature personnelle de l’engagement, l’indice d’une quête de vertu, plutôt qu’un signe public d’échec.

La chorégraphie se déroule ici sans l’intervention d’une autorité centrale. Elle forme un système dynamique intégré au comportement imprévisible, dans lequel certains danseurs initient le mouvement et d’autres y réagissent, cette réaction déclenchant un autre mouvement au sein de la même structure ou initiant un nouveau développement. S’appuyant librement sur un ensemble commun de principes physiques incorporés via une pratique d’exercices précis qui définissent certaines relations dans l’espace, le temps et la forme, les danseur·se·s sont responsables de l’invention et de la mise en oeuvre de leurs propres mouvements sur scène, mais aussi de la création et du développement de structures de groupe. Ils·elles doivent adapter leur rôle individuel au sein d’une constellation dynamique dont les mécanismes sont en constante évolution. Le « jeu » qui en résulte est hautement cinétique et constitue un véritable défi cognitif et physique. De tous les efforts individuels émerge une virtuosité de groupe qui montre clairement que les capacités cognitives d’un tel système dépassent de loin la simple somme des capacités individuelles des danseurs. Un rôle clé est joué par l’intuition : une faculté neurophysiologique qui se développe grâce à l’expérience.

Équipe artistique

Né en 1967 à Schnottwil en Suisse, Thomas Hauert fonde sa compagnie ZOO à Bruxelles en 1998 après une carrière de danseur avec entre autres Anne Teresa De Keersmaeker, David Zambrano et Pierre Droulers. Depuis lors, il a créé avec ZOO une vingtaine de spectacles jusqu’à sa dernière création How to proceed en 2018. En parallèle à son travail pour ZOO, Thomas Hauert crée encore Hà Mais (2002) au Mozambique, ainsi que plusieurs pièces pour les étudiants de P.A.R.T.S et de la Laban School de Londres. A l’automne 2010, a lieu la première de son spectacle pour le Ballet de Zurich, Il Giornale della necropoli. En 2014, il crée Notturnino, une pièce pour la compagnie anglaise Candoco avec des danseurs invalides et non invalides. Le travail de ZOO se développe d’abord à partir d’une recherche sur le mouvement, avec un intérêt particulier pour une écriture basée sur l’improvisation et explorant la tension entre liberté et contrainte, individu et groupe, ordre et désordre, forme et informe. Thomas Hauert enseigne régulièrement à P.A.R.T.S. à Bruxelles. Depuis 2013, il est responsable académique du baccalauréat en danse à la Haute Ecole de Théâtre La Manufacture à Lausanne.

Nos partenaires

English version

Bodies in motion that connect at a distance.
Deploying a complex network of movements linked in time and space, the choreographic structures developed by Thomas Hauert and his company ZOO could be considered an extension of the tradition of abstract dance. However, his « writing », which very polyphonic, is revealed on stage entirely through improvisation. It aims to bring order out of disorder, form out of formlessness, the group out of the individual, while exploiting the exceptional quality of perception, attention and concentration that improvisation allows and requires.
In this workshop, participants will practice creating instantaneous choreographies that can be seen as a microcosm in which individuals constantly negotiate between their creative freedom and their desire to connect with others. Playing with the concepts of free will and responsibility, it reflects the negotiations, conflicts, tensions and resolutions at work in these social systems. Within each of these improvisations are indeterminacy, retrospective justification, DIY experimentation, limited vision, opportunities discovered too late, the temptation to follow familiar paths and an open future – in a sense, the forces through which we are confronted with our human condition. Imperfection becomes the personal signature of commitment, the index of a quest for virtue, rather than a public sign of failure.
The choreography here takes place without the intervention of a central authority. It forms an integrated dynamic system with unpredictable behaviour, in which some dancers initiate movement and others react to it, this reaction triggering another movement within the same structure or initiating a new development. Based loosely on a common set of physical principles incorporated through a practice of specific exercises that define certain relationships in space, time and form, dancers are responsible for inventing and implementing their own movements on stage, but also for creating and developing group structures. They must adapt their individual roles within a dynamic constellation whose mechanisms are constantly changing. The resulting « game » is highly kinetic and physically challenging work. Out of all the individual efforts emerges a group virtuosity that clearly shows that the cognitive capacities of such a system far exceed the mere sum of the dancers’ individual abilities. A key role is played by intuition: a neurophysiological faculty that develops through experience.
Born in 1967 in Schnottwil, Switzerland, Thomas Hauert founded his company ZOO in Brussels in 1998 after a career as a dancer with Anne Teresa De Keersmaeker, David Zambrano and Pierre Droulers, among others. Since then, he has created around twenty shows with ZOO up through his latest creation; How to proceed in 2018. In parallel to his work for ZOO, Thomas Hauert created Hà Mais (2002) in Mozambique, as well as several pieces for the students of P.A.R.T.S and the Laban School in London. Autumn 2010 saw the premiere of his piece for the Zurich Ballet, Il Giornale della necropoli. In 2014 he created Notturnino, a piece for the English company Candoco with disabled and non-disabled dancers. ZOO’s work initially developed out of research on movement, with a particular interest in writing based on improvisation and exploring the tension between freedom and constraint, individuals and groups, order and disorder, form and formlessness. Thomas Hauert teaches regularly at P.A.R.T.S. in Brussels. Since 2013, he has been the academic head of the bachelor’s degree in dance at the Haute Ecole de Théâtre La Manufacture in Lausanne.
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