Myriam Gourfink

avec Véronique Weil

Masterclass · Myriam Gourfink

Lundi 4 au vendredi 8 octobre 2021

11 - 17h

Tarif organisme : 750 euros
Tarif individuel : 260 euros

Pour candidater et pour toute information sur les possibilités de financement : envoyez votre dossier (CV, lettre de motivation, portrait et photo de plain-pied) à masterclasses@atelierdeparis.org.

Résumé

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Les stagiaires seront invités à vivre, corporellement et mentalement, les fondamentaux de la danse de Myriam Gourfink. Ils seront également initiés au déchiffrage de partition, outil de composition que la chorégraphe a élaboré, d’abord en étudiant la cinétographie Laban, ensuite en s’inspirant des pratiques de composition du champ musical actuel, et enfin en pilotant ces dernières années, entre 2015 et 2019, un travail de recherche assidu avec la Manufacture, Haute école des arts de la scène à Lausanne, auprès de neuf chorégraphes parmi les plus novateurs – recherche qui a abouti, en décembre 2019, à la publication de l’ouvrage Composer en danse, un vocabulaire des opérations et des pratiques (Les Presses du réel).

Pour Myriam Gourfink, composer en danse, c’est prévoir et ordonner, en fonction de l’objectif visé, comment on peut agir sur les facteurs du mouvement : poids, espace, temps, flux ; c’est donc prévoir et ordonner un espace dynamique. L’accent est placé sur la composition chorégraphique (ses processus, son écriture, ses pratiques) : le geste qui en résulte n’est donc pas le « joli geste », mais bien plutôt le geste pensé et senti. L’atelier s’articulera en trois temps.

Les temps de parole

Chaque journée s’ouvre par un temps de parole qui permet à chacun de formuler ses centres d’intérêt, ses enjeux, ses questionnements. Ce temps de parole peut être réactivé dans le cours de la journée, en fonction des besoins du groupe.

Les participants s’organisent en cercle, figure qui permet à chacun de trouver sa place et d’accueillir les autres. Chacun est invité à prendre la parole, afin que l’atelier se construise de façon communautaire, en ce qui concerne l’organisation de la journée, mais aussi la définition des enjeux et des questionnements communs.

 

Les temps de yoga

Les temps de yoga s’appuyant sur les temps de parole, leur contenu technique, leur durée et leur fréquence varient en fonction des centres d’intérêt du groupe.

La pratique du yoga a pour enjeu principal d’amener chaque stagiaire, par un travail de respiration – premier mouvement du corps – à prendre conscience de son intériorité et à la déployer afin d’en faire un appui, une ressource. La pratique proposée combine techniques respiratoires, sensations physiques et visualisations, mouvements biomécaniques et imaginaires ; la contraction de la zone sexuelle est l’un des fondamentaux de cette pratique, en ce qu’elle permet l’ancrage physique et mental. Tout au long de la séance, ces diverses sollicitations s’alimenteront mutuellement.

Guidés par les indications orales de Myriam Gourfink ou Véronique Weil, les participants seront en premier lieu amenés à affiner la conscience de leur souffle et des quatre temps qui la constituent : inspiration, temps plein, expiration, temps vide. Peu à peu, à mesure que croissent concentration et conscience, chacun de ces moments s’allonge, le souffle s’étire, et le corps s’enracine. Myriam ou Véronique proposent ensuite une série de mouvements et de postures à synchroniser avec la respiration, dont la durée n’est jamais imposée : elle se définit naturellement par le rythme interne propre à chaque personne. En même temps que la respiration et le corps, l’imaginaire est activé par une attention portée aux indriyas, c’est-à-dire les sens subtils : toucher, goût, ouïe, odorat, vue. La sensorialité de chacun est stimulée, au point de devenir parfois le moteur principal du mouvement.

Les temps de composition chorégraphique

Myriam Gourfink ou Carole Garriga donnera ensuite oralement aux stagiaires accès au système d’écriture chorégraphique qu’elle développe depuis plus de 20 ans, et qui continue d’évoluer. Largement inspirée de la notation Laban (système de notation du mouvement datant du début du XXe siècle), cette écriture met en jeu un système de symboles, de signes et de couleurs d’une grande précision, permettant de prévoir et d’ordonner les facteurs de mouvement (espace, temps, poids et flux), autrement dit les circulations multiples, incessantes et spontanées qui s’activent en nous et s’engendrent de la relation que nous tissons malgré nous avec ce qui nous environne, l’espace et l’autre – autrement dit encore : l’énergie.

Enfin, grâce aux différents outils donnés tout au long de l’atelier, Les stagiaires pourront déchiffrer des extraits des partitions des pièces Une lente mastication (2012) et  Amas (2017).

Équipe artistique

Myriam Gourfink

La démarche de Myriam Gourfink est fondée sur les techniques respiratoires du yoga. Guidée par le souffle, l’organisation des appuis est extrêmement précise, la conscience de l’espace aiguë ; la danse se déploie dans un temps continu.

Comme les musiciens, la chorégraphe a développé une écriture symbolique pour composer l’univers géométrique et l’évolution poétique de la danse. À partir de la Labanotation qu’elle a étudiée auprès de Jacqueline Challet Haas, elle poursuit depuis 20 ans une recherche pour formaliser son propre langage de composition. Chaque chorégraphie invite l’interprète à être conscient de ses actes et de ce qui le traverse. Les partitions activent sa participation : il fait des choix, effectue des opérations, fait face à l’inattendu de l’écriture.

Pour certains projets, les partitions intègrent des dispositifs (informatisés) de perturbation et re-génération en temps réel de la composition pré-écrite : le programme gère l’ensemble de la partition et génère des millions de possibilités de déroulements. Les interprètes pilotent – via des systèmes de captation – les processus de modification de la partition chorégraphique, qu’ils lisent sur des écrans LCD. Le dispositif informatique est ainsi au cœur des relations d’espace et de temps. Il permet, au fur et à mesure de l’avancement de la pièce, la structuration de contextes inédits.

Figure de la recherche chorégraphique en France, reconnue comme telle et invitée par de nombreux festivals internationaux, Myriam Gourfink a été artiste en résidence à l’IRCAM, au Fresnoy/Studio national des arts contemporains, au Forum de Blanc-Mesnil, ainsi qu’à Micadanses à Paris. Elle a également dirigé de 2008 à 2013 le Programme de recherche et de composition chorégraphiques (PRCC) de la Fondation Royaumont, et programmé, en 2012, le cycle « Les danses augmentées » à la Gaîté Lyrique. Soutenue par le Centre Pompidou depuis 1999, son travail a fait l’objet d’un focus dont le thème était « Les formes du temps » lors de l’inauguration du Westbund Museum Project x Centre Pompidou à Shanghai. Elle est l’auteure, avec Yvane Chapuis et Julie Perrin, du livre Composer en danse – Un vocabulaire des opérations et des pratiques, publié par Les presses du réel en janvier 2020.

Véronique Weil

Le parcours de danseuse de Véronique Weil est marqué du sceau de la fidélité, c’est-à-dire de l’approfondissement : elle a ainsi travaillé durant 20 ans, de 1997 à 2007, pour le chorégraphe Olivier Bodin, qui est aussi un éminent professeur de danse contemporaine. Parallèlement, amenée à travailler avec des chorégraphes utilisant les nouvelles technologies, elle s’investit dans des projets multimédias, se forme à la PAO, et crée des visuels pour des musiciens et des labels de musique. Interprète régulière depuis 2005 pour des chorégraphes telles Françoise Tartinville, Sylvie Le Quéré ou Catherine Massiot, sa rencontre avec Myriam Gourfink en 2009 est primordiale : le geste profond devient essentiel à ses yeux, la pratique du yoga l’aide à explorer sa force et son corps, ce dont il est capable et ce dont il a envie ; elle est affiliée à la  foundation for Shamanic Studies depuis 2016, et étudie à l’Ecole Française de Yoga depuis 2017.

 

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