RENDRE VISIBLE UN MONDE INVISIBLE
« Je me fascine pour le comportement des petites choses. En allant visiter les interstices, le mouvement semble capable de rendre visible et palpable le domaine de l’imperceptible. Je relie ce goût pour le micro mouvement avec l’envie d’inviter l’interlocuteur à l’intérieur du corps vécu. Je me rattache au principe énoncé par Gaston Bachelard dans La Poétique de l’espace, l’imagination augmenterait les valeurs de la réalité. Je crois aux pouvoirs de l’imagination dans la transformation du corps et du mouvement. La recherche et l’écriture chorégraphique deviennent pour moi l’espace de jeu entre présence, pensée, émotion et geste, où l’on explore tout ce qui construit un état de corps. L’imagination, le corps et le son constituent les matières premières avec lesquelles je cherche progressivement un langage chorégraphique. La tension entre le corps objet et le corps vécu m’intéresse particulièrement dans la fabrication d’un geste. Oscillant entre figuration et abstraction, je me demande comment le mouvement vient communiquer une sensation. » – Rebecca Journo
Prérequis
La masterclass de Rebecca Journo s’adresse aux artistes chorégraphiques professionnel·les : (danseur·ses, chorégraphes, formateur·ices, etc.)
Les participant·es doivent justifier d’une formation en danse de haut niveau, et d’une expérience professionnelle d’au moins 2 ans en compagnie ou dans le milieu du spectacle vivant.
Postuler à la bourse ADAMI.
Équipe artistique
Rebecca Journo étudie au conservatoire Trinity Laban à Londres où elle obtient un « BA » en danse contemporaine en 2015. En parallèle de son travail d’interprète, elle crée sa compagnie La Pieuvre en collaboration avec Véronique Lemonnier en 2018. Également accompagnées du créateur sonore Mathieu Bonnafous, leur démarche artistique se situe à la lisière de différents médiums entre danse, performance, musique et photographie. Au sein de la Pieuvre, Rebecca Journo crée successivement deux solos qui forment un diptyque, L’Épouse (2018) et La Ménagère (2019) à partir de représentations clichées féminines. Parallèlement, elle travaille à la création d’un trio Whales (2020) qui s’inspire pleinement du chant des baleines. Inspirée par le travail photographique de Véronique Lemonnier sur l’autoportrait, elle signe un quatuor Portrait (2022) qui s’intéresse très concrètement au lien entre mouvement et photographie.
En 2024, elle crée canicular une performance autour du chant des cigales en collaboration avec l’artiste sonore Diane Barbé, une création commandée par le Festival d’Avignon et la SACD dans le cadre de « Vive le sujet Tentatives! ». Les amours de la pieuvre (2024), une création collective de la compagnie, s’inspire de la symbolique érotico-horrifique de l’animal au Japon. Le projet met à l’honneur le geste sonore, là où le geste chorégraphique vient se mettre au service de la création sonore en direct. Ce même travail se poursuit avec la création Bruitage (2025) qui s’intéresse à la technicité et l’artisanat du bruitage au cinéma, mettant en exergue le processus de synchrèse entre son et image, en l’occurrence, entre son et geste.
- Photo : © Alvise Busetto
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