Dans le cadre de la Saison Méditerranée, l’Atelier de Paris invite des artistes et acteur·ices culturel·les à croiser leurs expériences autour d’une question centrale : comment les dynamiques de coopération Sud-Sud reconfigurent-elles les conditions de visibilité et de création pour les femmes et les personnes LGBTQIA+ dans le champ chorégraphique ?
Entre Beyrouth, Tunis et Paris, cette rencontre met en dialogue deux pratiques ancrées dans les réalités du monde arabe et méditerranéen — l’une chorégraphique et organisationnelle, l’autre à l’intersection du soin, de la performance et des mémoires migratoires. Une conversation sur les espaces que l’on invente, les réseaux que l’on tisse et les corps que l’on rend visibles.
Avec Selim Ben Safia, chorégraphe franco-tunisien, fondateur d’Al Badil et directeur artistique des Journées Chorégraphiques de Carthage ; Bassam Abou Diab, chorégraphe, interprète et fondateur du Beirut Physical Lab, plateforme indépendante de soutien aux artistes émergent·es en danse contemporaine au Liban et dans le monde arabe ; Sandra Dachraoui, psychologue clinicienne, performeuse et directrice artistique de TAW TAW, association développant des projets à l’intersection de la performance, des mémoires migratoires et des pratiques collectives de soin et de création ; Christophe Al Haber, photographe, danseur et artiste interdisciplinaire basé à Beyrouth et associé au Beirut Physical Lab.
Équipe artistique
Selim Ben Safia · Modération
Chorégraphe franco-tunisien et fondateur d’Al Badil (Tunis), Selim Ben Safia est également directeur artistique des Journées Chorégraphiques de Carthage et lauréat du programme La Relève (Sciences Po Paris / Ministère de la Culture, 2025). Son travail articule création chorégraphique, coopération internationale et soutien aux artistes émergent·es du monde arabe et méditerranéen.
Intervenant·es
Bassam Abou Diab est un chorégraphe, interprète, acteur et organisateur culturel libanais dont le travail se situe à la croisée de la danse contemporaine, du folklore et du conte. Formé à l’art dramatique et à la danse traditionnelle libanaise, il est titulaire d’une licence en art dramatique et d’un master en formation d’acteur, spécialisé dans les rituels religieux arabes au théâtre physique. Sa pratique artistique explore la mémoire, l’identité, le rituel et les récits collectifs, puisant dans les formes traditionnelles tout en développant des langages chorégraphiques contemporains. Il a créé notamment Alterations, Palestinian Karma, Eternal et Pina My Love. Son travail a été présenté à l’international, en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord et du Sud. En 2021, il a fondé le Beirut Physical Lab, plateforme indépendante de soutien aux artistes émergent·es en danse contemporaine et théâtre physique. Il est également directeur de Beirut Choreography Encounters et a codirigé l’Arab Dance Platform, dédiée au renforcement des échanges artistiques et au développement de la danse contemporaine au Liban et dans le monde arabe.
Sandra Dachraoui est psychologue clinicienne, PhD, hypnothérapeute, danseuse, performeuse et curatrice de projets artistiques basée entre Paris et Tunis. Son travail se situe à l’intersection du soin, du corps, de la mémoire et des trajectoires migratoires. À travers la performance, la danse, les récits, la fête et les pratiques collectives, elle développe des espaces artistiques où se croisent création, transmission, réparation et réappropriation de soi. Elle a travaillé dans le champ de la psychiatrie, de l’enseignement universitaire et du travail associatif autour des questions de santé mentale, de violences, d’exil et de transmission. Elle a notamment dirigé BEITY, foyer d’accueil et d’accompagnement pour femmes sans domicile et femmes victimes de violences en Tunisie, et participé à des initiatives citoyennes telles que Danseurs Citoyens et Art Solution. Elle est aujourd’hui fondatrice et directrice artistique de TAW TAW, association développant des projets à l’intersection de la performance, des mémoires migratoires, des archives sensibles et des pratiques collectives de soin et de création — dont Queens of Chaâbi et Terres intérieures / Corps extérieurs.
Christophe Al Haber est un artiste interdisciplinaire émergent basé à Beyrouth. Son travail se situe à l’intersection de la photographie, de la danse contemporaine et du théâtre physique. Il explore les thèmes de l’identité, de l’appartenance et du corps comme archive vivante de la mémoire et de l’histoire. Il est actuellement artiste associé au Beirut Physical Lab. Son solo Fragmentation, coproduit par le Beirut Physical Lab dans le cadre du projet Solidarity in Motion, a été créé au Danza Urbana Festival et a été présenté dans plusieurs villes d’Italie, notamment à Bologne, Milan, Rome, Ravenne, Côme et Matera. Christophe s’est également produit dans des oeuvres collectives et dans des lieux culturels comme Beit Beirut, le théâtre Al Madina, Metro Al Madina, Rawabet Art Space au Caire, Fabbrica del Vapore à Milan et Villa Grumello à Côme. Son développement artistique a été soutenu par des résidences internationales, dont une résidence d’un mois au MACAM à Aalita–Jbeil et une résidence avec Mosaica Danza à Turin. Il a également participé à la 4e édition de Uncontrolled Gestures, soutenue par le Goethe-Institut.
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